PROJET EUROPEEN 2018-2019 :

 

 

 

Des traités de 1919 remodelant fondamentalement l’Europe des Nations à l’effondrement des derniers régimes totalitaires européens, conséquence des révolutions démocratiques et de la chute du mur de Berlin en 1989, l’Europe s’est frayée un long et sanglant chemin pour atteindre le but que s’étaient fixés dès les années 1920 les promoteurs d’un continent de paix et de valeurs partagées. Parmi les péripéties de ce parcours, la guerre civile espagnole préfigure le destin européen du XXe siècle, en tant que terrain d’essai de la lutte sans merci et indirecte que se livrent les deux totalitarismes d’alors (nazisme/fascisme et stalinisme/communisme).

 

Tout au long de ce parcours, la musique joue un multiple rôle. Elle est tout d’abord mémoire en ce qu’elle reflète à tous ses niveaux, du plus modeste au plus élevé, la douleur des peuples et des cultures victimes des totalitarismes. Elle est aussi action, en soutenant la foi dans l’humanisme et la liberté au sein des mouvements de résistance des peuples jusque dans le plus retiré des camps de concentration. Elle est enfin le parfait témoin de l’action et de l’histoire politiques, par la réflexion que ses auteurs portent sur la Shoah après 1945, ou par la guerre idéologique que se livrent à travers elle les mondes démocratique et totalitaire.

 

La musique est donc non seulement un outil de décryptage du chemin parcouru par l’idée européenne entre 1919 et 1989, mais également le miroir des dislocations qui en minent depuis le début des années 2000 le rêve, via la résurgence des populismes, la xénophobie, le retour à l’antisémitisme et le repli sur soi.

 

Le projet Musique, Europe, Libertés 1919-1989 a pour objet d’aider le public européen à mieux s’approprier la nécessité fondamentale du modèle démocratique issu de ces soubresauts ainsi qu’à préserver les valeurs de liberté et de tolérance portées par l’UE.

La mise en réseau d’organisations au profil varié (organisations mémorielles renommées, instituts de recherche historique, institutions musicales et organismes éducatifs) et l’éventail des activités proposées (colloques, tables rondes, concerts parfois radiodiffusés, activités pédagogiques) lui permettront de toucher des publics très divers, et en particulier la jeunesse, à qui il sera constamment rappelé la nécessité de garder en mémoire les épreuves traversées par l'Europe avant son union. En miroir sera mis en exergue le danger représenté par les dérives xénophobes et antidémocratiques, en ce qu’elles ont dans le passé et peuvent dans le présent remettre en cause les idéaux européens de paix, de tolérance, de vivre ensemble, ainsi que la diversité de sa richesse culturelle.

 

La dimension transnationale de ce projet permettra de renforcer les liens entre les organisations membres comme constitutives d’un réseau mémoriel actif tout en sensibilisant les différents participants, acteurs comme spectateurs, aux valeurs communes sur lesquelles s’appuie l’UE dans le respect des traditions culturelles et historiques de chacun de ses Etats membres.

 

En maintenant vivante la mémoire des totalitarismes européens du XXe siècle, dont le projet politique central s’appuyait sur le rejet de la différence, le projet Musique, Europe, Libertés 1919-1989 souhaite ainsi inciter le public, et en particulier les jeunes générations, à une vigilance nécessaire pour empêcher la résurgence des mouvements de repli identitaire et antidémocratiques se développant aujourd’hui  en Europe.

FORUM VOIX ETOUFFÉES-CEMUT, c/o Panorama Coworking, 4 quai Koch - 67000 Strasbourg

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